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Vos salariés finiront par vous juger de toute façon

(Comment la peur d'être jugé vous fait brader tout ce que vous avez construit)

Dans cette édition (lecture : 4 min) :

→ Pourquoi vous cédez sur tout, alors que c'est VOTRE entreprise
→ Le piège du dirigeant qui veut plaire à chacun de ses salariés
→ La phrase à vous répéter lundi matin pour reprendre votre place

Le win de la semaine :

Cette semaine, en séance, un dirigeant à la tête d'une boîte que des centaines de milliers de gens adorent : En une heure, il a réalisé qu'il passait ses journées à s'adapter à ses salariés au lieu de tenir le cap qu'il avait lui-même choisi. Il est reparti avec une méthode pour reprendre sa place et assumer son rôle.

Et pour aller plus loin :

J'accompagne les dirigeants à :
→ sortir de l'opérationnel
→ arrêter de subir leur boîte pour la piloter
→ multiplier par 2 à 5 la valeur de leur entreprise et sécuriser ce qu'ils ont construit

Cette semaine, en séance avec un dirigeant que j'accompagne.

Une personne qui a tout construit de ses mains. Une boîte que des centaines de milliers de gens adorent.

Elle me parle, la voix un peu basse.

« J'ai l'impression de devoir me justifier en permanence. Alors souvent, je laisse couler. Je préfère céder plutôt que de me lancer dans un débat ou de vexer quelqu'un. »

Je la regarde.

Cette personne dirige une entreprise qui réussit. Et elle a peur.

Peur d'être jugée. Peur de passer pour la méchante.

Alors elle s'adapte. À chacun.

Se justifier en permanence dans sa propre boîte, ça porte un nom. Et ce n'est pas le syndrome de l'imposteur.

C'est la peur de prendre sa place.

Le people pleaser qui veut être aimer de tous finit toujours par se trahir lui-même. À force de ménager les autres, il sabote ses propres objectifs. Il brade ses décisions, sa vision, tout ce qu'il a construit. Juste pour ne pas déplaire.

Et le pire, c'est que ça ne touche pas les débutants. Ça touche surtout ceux qui ont réussi.

  • Un salarié trouve le reporting pénible ? Vous laissez filer.

  • Un autre préfère faire à sa façon ? Vous adaptez la méthode.

  • Un troisième n'aime pas le créneau de la réunion ? Vous ajustez votre agenda.

→ Résultat : l'entreprise part dans toutes les directions. Sauf celle que vous avez choisie.

Je vois trop de fondateurs prendre ce chemin. Pas par faiblesse. Par peur du jugement.

Et sans s'en rendre compte, ils se renient. Ils bradent ce qu'ils ont construit. Pour le confort de gens dont ils ne sont même pas responsables.

Alors j’ai dit une chose simple à ce dirigeant :

Vous n'êtes pas responsable du bien-être de chacun. Chacun l'est du sien.

Votre rôle, ce n'est pas de vous faire aimer de tous. C'est de prendre les bonnes décisions pour votre entreprise et de la faire avancer. Si vous ne tenez pas ce rôle, personne ne le tiendra à votre place.

Le bien-être, ce n'est pas au travail. C'est au spa.

Le cadre, c'est vous.

Et le plus contre-intuitif : bien souvent, les salariés APPRÉCIENT le cadre. Ce qui les insécurise, c'est un capitaine mou-mou qui dit oui à tout, sans colonne vertébrale.

D'ailleurs, dire oui à tout ne vous garantit absolument pas qu'on ne vous jugera pas. Vos salariés peuvent vous juger de toute façon. Autant être jugé pour avoir tenu votre cap.

Reprendre sa place, ça se travaille. Voici ce que vous pouvez faire.

1. Listez les concessions que vous faites. Celles du mois dernier, et celles que vous faites sans même y penser : reporting abandonné, réunion déplacée, méthode contournée. Écrivez-les noir sur blanc. La dérive va vous sauter aux yeux.

2. Reposez UN cadre non négociable cette semaine. Un seul point. Celui qui vous coûte le plus. Annoncez-le clairement, sans vous excuser, sans vous justifier pendant dix minutes. « Voilà comment on va faire à partir de maintenant. »

3. Faites porter l'exigence par le système, pas par vous. C'est LE point que tout le monde rate. Tant que c'est vous qui rappelez la règle à la main, à chaque fois, vous êtes le méchant de l'histoire. C'est épuisant, et ça ne tient pas dans le temps. La solution : sortez l'exigence de votre bouche et mettez-la dans un cadre qui existe en dehors de vous. Une méthode écrite. Une règle claire, connue de tous. La règle de l’entreprise, pas de vous. Un reporting automatique tous les vendredis. Le jour où le reporting est dû « parce que c'est la méthode de la maison » et non « parce que le patron l'a encore demandé », plus personne ne le vit comme votre caprice. Ce n'est plus vous contre eux, c'est le cadre, pour tout le monde, vous compris. Vous n'avez plus à choisir entre être aimé et être exigeant : c'est le système qui est exigeant à votre place.

4. Tenez trois semaines. La première fois, quelqu'un va tirer la tête. C'est le prix. Pas plus. Au bout de trois semaines, le nouveau cadre devient la norme, comme s'il avait toujours existé.

Ce que vous devez arrêter de redouter, c'est ce prétendu prix à payer quand vous cessez de chercher à être aimé. Vous avez le droit de prendre votre place. C'est votre entreprise, vos décisions, votre façon de faire.

Vous n'avez pas monté une école Montessori où chacun fait ce qui lui plaît.

Vous avez monté une entreprise, et vous en êtes le dirigeant.

Dirigez.

À vous de jouer ! Et à la prochaine.

Et si cette édition vous a plu, transférez cette newsletter à un dirigeant qui bosse trop.

Fanny 😎

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